Collectif «Sauvons le Climat»
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Président : Hervé Nifenecker

Communiqué de presse      Le 7 Novembre 2006

Pour éviter de futures grandes pannes en Europe,
il faut d’urgence revoir notre politique !

La coupure de courant que viennent de subir une dizaine de millions d’européens dans la nuit de 4 au 5 novembre 2006 souligne le sous investissement dans le domaine de la production et de la transmission électrique en Europe malgré les cris d’alarme répétés du RTE, par exemple.
Or des investissements considérables ont été faits au cours des dix dernières années, particulièrement en Allemagne (un total de 17 G€ investis en 2003 qui devraient atteindre 45 G€ en 2015), en Espagne et au Danemark, exclusivement sous forme d’éoliennes.
Les éoliennes sont radicalement incapables de faire face à de brusques demandes de courant [note 1] (contrairement aux barrages hydroélectriques, aux centrales à gaz et aux centrales nucléaires modernes) et introduisent une fragilité accrue dans le réseau (citation du président du directoire d’E.ON Netz,: «je ne crois pas que cette déconnection explique à elle seule la panne de samedi soir. Il est probable que les nombreuses éoliennes de cette région à la frontière de la Basse-Saxe et des Pays-Bas y sont également pour quelque chose»). Il est clair que les investissements dans l’éolien industriel viennent en compétition avec ceux qui auraient pu être faits dans des moyens de production mobilisables et dans le réseau. L’exigence déraisonnable de l’Union Européenne d’atteindre 21% d’électricité d’origine renouvelable sert de justification à ces énormes investissements passés et prévus dans l’éolien. Il est encore temps de la revoir.

Sauvons le Climat vient de publier sur son site une longue analyse sur ce sujet.
Outre les aspects que nous évoquons plus loin, il faut souligner que l’énergie éolienne, quels que soient ses avantages du point de vue environnemental, ne répond pas au problème majeur posé par la grande panne que l’Europe vient de vivre : la sécurité électrique.
Même si l’on poursuit son développement, l’énergie éolienne n’apportera jamais de réponse satisfaisante au besoin de sécurité du réseau, parce qu’elle est aléatoire par définition : on ne peut pas compter sur elle.

Le programme éolien français :
d’une utilité contestable,
d’un coût pour la collectivité considérable,
mais très rentable pour certains

Qu’il n’y ait pas ici de malentendu : « Sauvons le Climat » n’est pas hostile à l’énergie éolienne, en particulier lorsque sa mise en oeuvre permet de diminuer les émissions de gaz à effet de serre (par exemple dans les DOM-TOM et en Corse).
Par contre, lorsque ce n’est pas le cas, comme en France continentale, nous ne saurions accepter que ses promoteurs trompent nos concitoyens en laissant entendre que ce l’est : les dépenses considérables envisagées pour le développement de l’éolien en France n’auront pratiquement pas d’influence sur le niveau de nos émissions, alors que les investissements correspondants feront défaut pour la mise en œuvre, au niveau requis, de politiques efficaces de réduction de celles-ci.

C’est dans cet esprit d’analyse critique mais non hostile a priori aux programmes éoliens que nous dénonçons ici une politique dispendieuse et inefficace à l’égard du dérèglement climatique et de la demande d’électricité.

Le détail des arguments du présent communiqué peut être trouvé sur le site de « Sauvons le Climat » à l’adresse :
http://www.sauvonsleclimat.org/fr/documents-pdf/Poizat-nov-2006.pdf[ref.1].

Le souci de réduire nos émissions de gaz à effet de serre s’est concrétisé, entre autres, par l’engagement du gouvernement Jospin d’amener la production d’électricité d’origine renouvelable à 21 % de la consommation totale d’électricité, dès 2010.
L’énergie éolienne, la plus mature des énergies renouvelables, a donc focalisé toutes les attentions, en trois phases : d’abord le plan « Eole 2005 », vite remplacé par le « régime spécial » d’incitation, copié sur la « loi EEG » des Allemands.
Ce régime, décliné par l’ « arrêté Cochet » du 8 juin 2001, a obligé EDF à acheter l’électricité produite dans les « fermes éoliennes », à un tarif unanimement jugé avantageux, voire juteux (plus de 2 fois supérieur au coût de production du kilowattheure nucléaire).

Suite au forcing opéré par le lobby éolien (le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) et l’ADEME, notamment), le gouvernement actuel a pris une série de mesures :

Qu’en résultera-t-il ? Et encore :

L’objectif gouvernemental sera peut-être atteint, en termes de pourcentage d’énergie renouvelable produite. La qualité de notre air n’en sera pas améliorée pour autant.

C’est ainsi qu’une louable intention écologique donne(ra) lieu à une discrète mais énorme extorsion de fonds.

« Sauvons le Climat » appelle à un moratoire sur la mise en œuvre de l’Obligation d’Achat pour les nouvelles éoliennes, dans l’attente de l’organisation d’un débat national sur ce sujet. Bien entendu, il devrait rester possible de construire des éoliennes mais sur une base purement volontaire, leur production étant vendue dans les conditions normales du marché. Un tel débat permettrait, en outre, de rendre plus transparent ce secteur, particulièrement opaque.

Références :
  1. Sauvons le climat, Points de vue des signataires, Opinions et Réflexions, Analyse économique critique du programme éolien français
  2. Le Point du 4 août 2005
  3. Le Canard Enchaîné du 9 août 2006
  4. Sauvons le climat, Points de vue de Sauvons le Climat, Documents, Les Sources d'énergie, Eolien et Système de production d'électricité
  5. Sauvons le climat, Points de vue de Sauvons le Climat, Documents, Les Sources d'énergie, Contribution des éoliennes aux émissions de gaz à effet de serre
Notes :
  1. Les « dispatchers » d’EDF qualifient l’énergie éolienne de « fatale » (à prendre quand elle vient), par opposition à l’énergie produite par d’autres centrales (fossiles, fissiles ou hydrauliques de réservoir) dite « dispatchable ». Dans l’équilibre production-consommation que RTE doit assurer à tout moment, quelles que soient les variations de consommation, l’éolien ajoute un aléa de production : il complique donc la donne, ce dont se plaignent d’ailleurs les gestionnaires de réseaux d’Europe Centrale, souvent envahis par les électrons excédentaires des « fermes » danoises ou allemandes.
  2. Calcul effectué sur la base d’une production annuelle de 46 TWh, dont 33 d’éolien terrestre payé 84 €2007/MWh et 13 d’éolien offshore au prix de 133 €2007/MWh.
    Nous avons déduit du prix d’achat forcé de l’électricité éolienne le coût du combustible nucléaire évité soit 0,5 G€.
Le collectif «Sauvons le climat» fondé en mai 2004, association loi 1901 depuis Décembre 2005, a pour ambition d’informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir.
Il est doté d’un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC.
Son manifeste a été signé par plusieurs milliers de personnes.

La signature du manifeste et les adhésions sont possibles sur le site http://sauvonsleclimat.org